Aller au contenu
Photo d’Armand Philippot
Logo d’Armand Philippot

Armand Philippot

Intégrateur web

Installer WordPress avec Docker

Écrit par :
Armand
Publié le :
Mis à jour le :
Temps de lecture :
7 minutes
Thématique :
Développement

Pour développer un thème ou un plugin WordPress, il faut que le CMS soit installé en local. Il est évidemment possible de le faire avec un serveur LAMP… mais n’y a-t-il pas plus rapide ? Et, si vous créez plusieurs sites WordPress n’utilisant pas les mêmes plugins ou les mêmes paramètres, n’y-a-t’il pas une manière plus efficace de séparer ces installations ? Docker est peut-être la solution !

Définir notre projet WordPress + Docker

Je veux pouvoir installer WordPress avec Docker tout en utilisant Docker-compose. À l’issue de l’installation, je souhaite pouvoir développer des thèmes et plugins. Il est donc nécessaire que je puisse accéder aux fichiers et que je puisse les modifier.

La page de WordPress sur Docker Hub propose un fichier docker-compose.yml comme exemple. De même, il y en a un autre disponible dans la documentation de Docker. Les deux peuvent fonctionner pour installer WordPress, mais ils ne nous permettent pas de développer des thèmes et plugins. Ils ne configurent pas de volumes partagés. Nous allons donc voir comment nous y prendre.

Créons un dossier wordpress-docker, et, à l’intérieur, créons un fichier docker-compose.yml. Il faut maintenant définir les services dont nous avons besoin. Il nous faut donc WordPress et, puisque le CMS a besoin d’une base de données, MySQL. Si vous souhaitez avoir une interface d’administration pour la base de données, nous pouvons ajouter PHPMyAdmin par exemple.

Étape 1 : définir la version

Pour fonctionner, notre fichier docker-compose.yml a besoin d’un numéro de version. Ce dernier va dépendre du moteur utilisé par Docker, il faut comprendre par là son numéro de version. Vérifions-le dans un terminal :

docker --version
#output#Docker version 19.03.12-ce, build 48a66213fe

Si nous nous référons au tableau de compatibilité dans la documentation de Docker, nous pouvons utiliser la version 3.8 dans notre fichier Docker Compose.

version: '3.8'

services:

Étape 2 : configurer le service MySQL

Puisque notre installation de WordPress va dépendre de la base de données, commençons par la définir. Il nous faut son image, un volume pour enregistrer les données et les informations liées à la base de données (identifiant, nom de base…).

  db:
    image: mysql:5.7
    restart: always
    environment:
      MYSQL_ROOT_PASSWORD: wordpress
      MYSQL_DATABASE: wordpress
      MYSQL_USER: wordpress
      MYSQL_PASSWORD: wordpress
    volumes:
      - db_data:/var/lib/mysql

Regardons en détail les instructions ci-dessus :

  • image : nous demandons à Docker de récupérer l’image de MySQL en précisant le numéro de version à utiliser (ce qui est important suivant le service utilisé pour répondre à la configuration requise).
  • restart : nous définissons une politique de redémarrage du conteneur. Puisque la base de données est essentielle au bon fonctionnement de WordPress, nous utilisons always comme politique de redémarrage. Il aurait également été possible d’utiliser unless-stopped, qui prend en compte les arrêts volontaires de l’utilisateur. Si vous préférez démarrer manuellement les services pour une utilisation en local, utilisez plutôt on-failure.
  • environment : nous précisons les différentes variables de l’environnement. Ici, nous définissons un mot de passe pour root, le nom de la base de données, un nom d’utilisateur et un mot de passe pour cet utilisateur.
  • volumes : nous créons un volume nommé db_data que nous montons dans /var/lib/mysql. Il servira à stocker les informations de la base de données. Par défaut, les données sont stockées à l’intérieur du conteneur. Ici, nous rendons les données persistantes en les stockant ailleurs.

Étape 3 : décrire le service WordPress

Pour créer un container WordPress, il nous faut son image, les ports à utiliser et les informations liées à la base de données.

  wordpress:
    depends_on:
      - db
    image: wordpress:latest
    ports:
      - "127.0.0.1:80:80"
      - "127.0.0.1:443:443"
    restart: always
    environment:
      WORDPRESS_DB_HOST: db:3306
      WORDPRESS_DB_USER: wordpress
      WORDPRESS_DB_PASSWORD: wordpress
      WORDPRESS_DB_NAME: wordpress
    working_dir: /var/www/html
    volumes:
      - /srv/http/docker-wordpress.test/htdocs/wp-content:/var/www/html/wp-content
      - /srv/http/docker-wordpress.test/htdocs/uploads.ini:/usr/local/etc/php/conf.d/uploads.ini

Regardons en détail les instructions ci-dessus :

  • depends_on : WordPress dépend de sa base de données. Nous indiquons donc que le service wordpress dépend du service db. Docker démarrera db avant wordpress.
  • image : nous demandons à Docker de récupérer la dernière version de l’image de WordPress, ce qui nous permet de garder le CMS à jour.
  • ports : nous spécifions les ports à utiliser. Ici, nous utilisons les ports 80 et 443 qui sont respectivement utilisés pour HTTP et HTTPS. 127.0.0.1:80:80 signifie que nous mappons le port 80 de notre machine sur le port 80 de docker. Ici, 127.0.0.1 correspond à localhost (il n’est pas obligatoire de renseigner l’IP).
  • restart : comme précédemment, nous définissons la politique de redémarrage.
  • environment : nous précisons les variables de l’environnement. Ici, il nous faut l’adresse de la base de données, son nom, le nom d’utilisateur et le mot de passe pour accéder à cette base.
  • working_dir : définit le répertoire de travail utilisé par le conteneur.
  • volumes :
    • nous montons notre dossier de travail /srv/http/docker-wordpress.test/htdocs/wp-content dans /var/html/wp-content (le dossier wp-content du container). De cette manière, nous pourrons stocker de façon persistante les plugins et les thèmes. /srv/http/ est le chemin d’Apache avec Manjaro, docker-wordpress.test est un virtual host que j’ai créé dédié à Docker + WordPress, htdocs est mon répertoire public : toutes ces données sont à remplacées pour les adapter à votre situation.
    • nous montons un fichier uploads.ini dans le répertoire servant à configurer PHP.

Étape 4 : décrire le service PHPMyAdmin

Dans cet article, je choisis d’utiliser PHPMyAdmin. Vous pouvez évidemment utiliser une autre interface graphique, comme Adminer. Pour créer son conteneur, il nous faut son image, les ports à utiliser et la base de données à relier.

  phpmyadmin:
    depends_on:
      - db
    image: phpmyadmin:latest
    ports:
      - "8080:80"
    restart: always
    environment:
      PMA_HOST: db
      MYSQL_ROOT_PASSWORD: wordpress

Examinons les instructions ci-dessus, en nous attardant uniquement sur ce qui diffère :

  • ports : comme précédemment nous indiquons les ports à utiliser. WordPress utilise le port 80, nous utiliserons donc le port 8080 qui est un port alternatif pour HTTP. Nous mappons le port 80 de docker sur le port 8080 de notre machine.
  • environment : la première variable précise le nom du service de base de données et la deuxième variable indique le password de l’utilisateur root.

WordPress + MySQL + PHPMyAdmin

Maintenant, si nous assemblons le tout, cela donne ça :

version: "3.8"

services:
  db:
    image: mysql:5.7
    restart: always
    environment:
      MYSQL_ROOT_PASSWORD: wordpress
      MYSQL_DATABASE: wordpress
      MYSQL_USER: wordpress
      MYSQL_PASSWORD: wordpress
    volumes:
      - db_data:/var/lib/mysql
  wordpress:
    depends_on:
      - db
    image: wordpress:latest
    ports:
      - "127.0.0.1:80:80"
      - "127.0.0.1:443:443"
    restart: always
    environment:
      WORDPRESS_DB_HOST: db:3306
      WORDPRESS_DB_USER: wordpress
      WORDPRESS_DB_PASSWORD: wordpress
      WORDPRESS_DB_NAME: wordpress
    working_dir: /var/www/html
    volumes:
      - /srv/http/docker-wordpress.test/htdocs/wp-content:/var/www/html/wp-content
      - /srv/http/docker-wordpress.test/htdocs/uploads.ini:/usr/local/etc/php/conf.d/uploads.ini
  phpmyadmin:
    depends_on:
      - db
    image: phpmyadmin:latest
    ports:
      - "127.0.0.1:8080:80"
    restart: always
    environment:
      PMA_HOST: db
      MYSQL_ROOT_PASSWORD: wordpress
volumes:
  db_data:

Comme vous pouvez le voir, il y a une instruction supplémentaire après la liste des services : volumes. Précédemment, dans les services, nous avons seulement indiqué à Docker quels volumes utiliser pour tel service ; il ne sont pas crées. Cette nouvelle instruction nous permet donc de créer le volume db_data.

Derniers ajustements

Création des fichiers et répertoires

Si vous vous souvenez, lorsque nous avons décrit le service WordPress, nous avons défini un fichier uploads.ini. Il faut donc le créer. Ce fichier permet de modifier la configuration de PHP pour qu’elle soit plus ajustée à l’utilisation de WordPress, comme le téléchargement de fichiers.

file_uploads = On
memory_limit = 64M
upload_max_filesize = 64M
post_max_size = 64M
max_execution_time = 600

Il faut également créer nos répertoires de travail sinon, Docker va les créer lui-même, ce qui va créer des problèmes de droits puisque Docker utilise les droits administrateurs (sudo). Les répertoires créés appartiendront à root. Pour pouvoir les modifier (ajouter nos thèmes/plugins et les modifier), il nous faut les droits. Nous pourrions les rectifier par la suite, mais autant avoir les bons droits dès maintenant.

mkdir -p ./wp-content/themes
mkdir -p ./wp-content/plugins

Ensuite placez-y vos thèmes/plugins ou créer le dossier du thème/plugin que vous allez développer. Si les répertoires themes et plugins sont vides, Docker changera les droits pour les attribuer à Apache et vous ne pourrez plus y créer de dossier.

Gestion des ACL

Vous pourriez créer vos conteneurs sans vous occuper des ACL. Cependant, si vous souhaitez ajouter des plugins via l’administration ou si vous souhaitez utiliser les imports WordPress, vous serez confrontés à un problème : il vous sera demandé des accès FTP… Les ACL sont la solution pour conserver les droits d’écriture tout en les donnant également à Apache !

Ouvrez un terminal et ajoutez-vous au dossier wp-content (utilisateur est à remplacer) :

sudo setfacl -Rm user:utilisateur:rwx wp-content
sudo setfacl -Rdm user:utilisateur:rwx wp-content

Puis ajoutez Apache (http pour Manjaro, le nom diffère suivant le système) :

sudo setfacl -Rm user:http:rwx wp-content
sudo setfacl -Rdm user:http:rwx wp-content

Création des conteneurs

Maintenant que notre répertoire de travail est prêt, il nous reste plus qu’à créer ces conteneurs. Dans un terminal :

docker-compose up -d

Si vous ne voyez aucune erreur, vous pouvez maintenant accéder à WordPress et PHPMyAdmin !

localhost

En tapant localhost dans votre navigateur, vous arriverez sur la page d’installation de WordPress.

Docker - Installation de WordPress

Une fois installé, si vous ajoutez un thème dans votre répertoire wp-content/themes, vous le verrez dans l’interface d’administration. Vous pouvez faire la même chose avec les plugins.

Docker WordPress - Développement de thèmes

localhost:8080

En vous rendant à l’adresse localhost:8080, vous arriverez sur la page de connexion de PHPMyAdmin.

Docker PHPMyAdmin

Si vous vous connectez, vous pourrez voir la base de données de WordPress. Votre installation est opérationnelle ! Il ne reste plus qu’à développer vos thèmes et plugins.

Ceci dit, il reste un point à régler… l’accès en HTTPS. Si vous tentez de vous rendre à l’adresse localhost:443, vous verrez qu’elle fonctionne mais vous ne pouvez pas accéder à WordPress car vous n’avez pas de certificat. Il ne semble pas y avoir de solution sans ajouter proxy inverse dans les services… De même, si vous souhaitez utiliser des outils comme BrowserSync, ça ne suffira pas. Il s’agit vraiment d’une installation basique de WordPress avec la possibilité de modifier des thèmes ou des plugins.

3 commentaires

Laisser un commentaire